Qui suis-je?
Je m'appelle Marine.
Je suis venue à la peinture sur le tard, et presque d’un seul coup. Pas après des années d’école ou de théorie — un jour, la matière m’a attrapée et je ne l’ai plus lâchée.
Avant cela, j’ai passé ma vie autour du tissu, des couleurs, des matières que l’on touche. Alors quand je me suis mise à peindre, ce n’est pas vraiment arrivé de nulle part.
Au fond, c’est la même chose :
une histoire de mains, de surfaces, de traces, et de ce qui reste.
CE QUE JE FAIS
Je peins à l’instinct.
La couleur d’abord.
Le geste tout de suite.
Sans trop réfléchir, quitte à laisser les choses imparfaites.
C’est là que ça vit.
Je suis obsédée par les courbes.
Une ligne juste.
Une hanche.
Une épaule.
Une tension douce.
Une silhouette qui respire.
Ce ne sont pas des corps au sens anatomique.
Ce sont des présences.
Des formes sensibles.
Des paysages presque émotionnels.
Je travaille beaucoup la matière :
les épaisseurs,
les transparences,
ce qui accroche la lumière,
et ce qui l’absorbe.
Les traits doivent rester visibles :
les hésitations,
les repentirs,
les superpositions,
les griffures.
Je ne cherche jamais une perfection propre.
J’aime les accidents,
les irrégularités,
les traces,
les matières qui résistent.
LES SUPPORTS
Il y a deux territoires dans mon travail, qui sont en réalité le même.
Les grands formats sur lin.
Le lin est vivant.
Il gondole, absorbe, garde les traces.
On travaille debout.
On avance, on recule, on revient.
Ces toiles portent quelque chose de très physique.
Les corps y deviennent presque des paysages :
amples,
organiques,
vivants.
Et puis il y a les petits formats sur papiers industriels.
D’anciennes fiches de la Lainière de Roubaix.
Des colonnes de chiffres,
des annotations,
des traces administratives oubliées.
Des papiers que plus personne ne regardait.
Peindre une silhouette dessus, c’est faire se rencontrer deux mémoires :
celle du papier,
et celle du geste.
Les matières que j’utilise viennent souvent de fins de rouleaux, de stocks oubliés ou de rebuts de l’industrie textile.
Des matières qui ont déjà vécu avant d’arriver dans l’atelier.
Cette histoire-là m’intéresse autant que la mienne.
D’OÙ VIENT LE NOM
C’est de là que vient le nom :
Matière Mémoire.
La matière qui se souvient.
Matière Mémoire n’est pas une marque.
C’est une recherche autour :
du corps,
des traces,
des matières,
des formes instinctives,
et de ce qui continue à vivre après nous.
CE QUI CONTINUE
Ce que vous voyez ici n’est qu’une partie du travail.
Il y a aussi :
des essais,
des tissus tachés,
des lignes abandonnées,
des papiers retrouvés,
des silhouettes inachevées,
des tables de travail,
des gestes.
Le blog Notes d’atelier raconte ce qui se passe entre les œuvres.
Si quelque chose vous touche, écrivez-moi.
Et si vous voulez suivre le travail au quotidien :
@marine.leclercq.atelier