Les Femmes de papier
Ce sont mes premières. Une série née sur les anciennes fiches de la Lainière de Roubaix — ces registres où l'on comptait autrefois la laine venue du bout du monde : l'Australie, la Zélande, des entrées, des sorties, une écriture sèche et patiente.
Sur ces papiers qui avaient déjà tout une vie derrière eux, j'ai posé des silhouettes de femmes. Debout, assises, de dos, repliées. Elles ne cherchent pas à séduire ni à raconter quelque chose de précis — elles sont là, simplement, dans la couleur et le geste. L'aquarelle, l'encre, le POSCA, le charbon. Vite, à l'instinct, en laissant les choses imparfaites là où elles doivent l'être.
Chaque œuvre fait se rencontrer deux mémoires : celle du papier, qui a compté la laine, et celle du corps que je dépose dessus. C'est de là que vient le nom de tout ce travail — Matière Mémoire.
Chaque pièce est unique. Quand elle est partie, elle est partie.
Les Femmes de papier est une première histoire. D'autres viendront.